Palais Princier de Monaco
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27 mars 2009

Allocution de SAS le Prince au 5ème Forum de Paris

 Photo 1 :Allocution de SAS le Prince au 5ème Forum de Paris

Monsieur le Ministre d'Etat,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Directeur Général,
Messieurs les Présidents,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

« Sauver la Méditerranée » : cette injonction est pour nous tous une urgence. Elle prend une signification particulière à Monaco, petit pays ancré sur son rivage.

C'est pourquoi la Principauté, depuis des décennies, s'est investie dans de très nombreuses initiatives dédiées à la Méditerranée. Chaque fois, il s'agit pour nous d'attirer l'attention sur l'ampleur des enjeux qui se nouent au bord de cette mer.

Il importe aussi de faire vivre ce que Jacques Attali appelait ici même, l'an dernier, l'utopie de la Méditerranée : cette faculté de la mer à relier les peuples au nom de valeurs, d'intérêts et de projets communs. Ce pouvoir d'imaginer un monde dépassant les frontières et les identités.

Le lancement en 2008 de l'Union pour la Méditerranée fut à cet égard un moment d'une importance considérable. Pour la première fois, par la volonté commune des dirigeants de pays si longtemps déchirés, notre mer, traversée par les inégalités, est redevenue porteuse d'espoirs.

Des espoirs à échelle humaine, des espoirs incarnés dans des projets concrets, au service des populations.
Ces populations méditerranéennes, nous ne devons pas l'oublier, ont besoin de nous. La Méditerranée, c'est leur source de vie, le jardin de leur subsistance. Quand cette source est polluée, quand cette mer, pour reprendre le terme fort de l'ONU, est devenue une « mer martyrisée », c'est leur survie même qui est en question. Et quand la survie des peuples est menacée, notre devoir est de nous mobiliser, notre intérêt aussi.

Je pense, bien sûr, au développement économique, dont l'Union pour la Méditerranée a fait le levier indispensable pour atteindre ses objectifs. Par des projets locaux, conduits au travers de partenariats constructifs, l'UPM fait le pari d'une croissance qui passe d'abord par l'amélioration solidaire des conditions d'existence des femmes et des hommes vivant dans ce bassin.

Mais je pense aussi aux progrès de la justice, des libertés fondamentales, et à l'affirmation de valeurs communes à l'humanité, autour de la mer qui les a forgées.

Je pense surtout à la sauvegarde de notre planète, qui incarne le droit premier des hommes, celui de vivre dans un univers qui ne lui soit pas hostile. A l'heure où cette préoccupation est devenue centrale dans la plupart des grandes enceintes internationales, il est indispensable que le travail accompli autour de la Méditerranée prenne toute la mesure des enjeux liés à la préservation de l'environnement, et à l'eau en particulier.

C'est pourquoi j'en ai fait un axe important de mon action.

J'étais d'ailleurs il y a quelques jours à Istanbul, où la question de l'eau, notamment autour de la Méditerranée, est ressortie dans toute sa gravité – alimentaire, sanitaire, stratégique.

Autour de ces sujets, nous avons la possibilité unique de faire travailler ensemble des peuples que tout oppose, mais que relient encore une rivière, un puits partagés. Par la préservation de l'eau, nous avons aussi l'opportunité de faire vivre ces partenariats qui sont au cœur de la démarche de l'Union pour la Méditerranée, alliances de projets entre Etats et sociétés civiles, entre ONG et entreprises.

C'est dans cet esprit que j'ai créé il y a trois ans une Fondation qui œuvre à la préservation de notre environnement par des actions concrètes, conduites en partenariat avec des acteurs locaux et internationaux. Avec les moyens qui sont les nôtres, il s'agit d'intervenir en complément de l'action indispensable des Etats.

Je me félicite à cet égard que ma Fondation accueille au mois d'avril en Principauté de nombreuses autres Fondations qui œuvrent en Méditerranée. La coopération de tous est un objectif central : c'est la condition de la réussite.

Dans une époque de crise qui réduit les marges de manœuvre des gouvernants, il me semble en effet essentiel de se donner les moyens de fédérer les énergies.

Quelle que soit son échelle, la volonté mobilisée compte toujours davantage que les sommes investies.
Je crois à la force de la détermination des hommes, dès lors qu'elle s'appuie sur le partage et sur l'intelligence.

L'action de ma Fondation, je l'ai voulue en cohérence avec celle de mon Gouvernement. Qu'il s'agisse de coopération, de lutte contre la pollution ou de diplomatie environnementale, Monaco est bien décidé à assumer ses responsabilités dans la protection de la Méditerranée.

Nous répondrons à ces enjeux. Forts de notre histoire et de notre position d'Etat neutre, capable de rassembler dans le respect et le dialogue les représentants de ces peuples dont la coexistence est souvent un défi.

Nous le ferons avec vous, avec l'ensemble des Etats membres de l'Union pour la Méditerranée auxquels il incombe de prouver au monde que la Méditerranée n'est pas seulement l'objectif de nos efforts, mais qu'elle est avant tout le socle de nos espoirs.

Mesdames et Messieurs, « Sauvez la Méditerranée ! » : tel est l'appel que nous lancent les peuples qui vivent de cette mer, et plus encore leurs enfants, ces millions de Méditerranéens qui seront demain le ciment et la force de cet espace commun. Je sais qu'ils seront entendus.

Je vous remercie.

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