Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Permettez-moi tout d'abord de vous dire le plaisir que j'ai à me trouver parmi vous aujourd'hui, dans ce lieu chargé d'histoire et surtout chargé de sens, ce lieu qui fait la fierté de Chicago et contribue à sa renommée internationale.
Alors que la crise financière fait vaciller l'ordre de notre monde, il peut sembler curieux de consacrer ces quelques jours à s'occuper de la nature.
Et pourtant, je ne peux m'empêcher de tracer un parallèle entre le sujet qui nous réunit ce soir et la tension qui depuis quelques semaines agite les places financières
mondiales···
Cependant, il y a dans cette crise annoncée, née d'une pratique dictée seulement par des appétits à courte vue, comme une préfiguration des périls autrement plus graves qui menacent notre planète, notre existence même, si nous nous obstinons dans l'incurie aveugle qui bien souvent résume notre soin des ressources naturelles.
Je reste cependant confiant. A vous tous qui contribuez activement à l'activité du musée et à son rayonnement, je veux dire mon profond respect pour le travail essentiel que vous accomplissez.
Un travail scientifique, bien sûr, qui est indispensable à la réussite du combat pour la sauvegarde de notre planète comme à la connaissance de ses mécanismes.
Mais un travail que je qualifierais de politique, aussi, un travail d'ouverture au plus grand nombre, de sensibilisation, de partage de la connaissance. Sur ces sujets qui passionnent évidemment les foules, vous apportez l'intelligence collective indispensable au progrès.
Dans ce domaine plus que dans aucun autre, nous savons en effet que rien ne pourra être fait d'essentiel si les préoccupations qui nous animent demeurent cantonnées à un petit nombre, qu'il soit politique, scientifique ou militant.
Nous ne réussirons à faire bouger les choses que si nous parvenons à faire bouger les hommes.
Je sais que votre Musée est à cet égard un modèle. Je sais aussi la prodigieuse capacité philanthropique des citoyens américains, dans la lignée de l'œuvre extraordinaire de Marshall Field, et je tiens à rendre hommage à ce sens du bien commun qui est l'une des grandeurs de votre pays.
L'Europe, hélas, dans ce domaine, est encore à la traîne. Heureusement, les choses bougent : de plus en plus d'initiatives issues de la société civile viennent aujourd'hui compléter utilement et efficacement l'action des Etats.
C'est le sens de la Fondation que j'ai créée il y a un peu plus de deux ans, cette fondation qui porte mon nom et s'honore aujourd'hui de collaborer avec votre vénérable institution.
Dans trois domaines clés - la préservation de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique et la gestion durable des ressources en eau- ma Fondation a pour objectif de monter des partenariats concrets, avec des institutions publiques et privées, associant la société civile, sur tous les continents.
Nous savons en effet que nous avons le devoir d'être solidaires, par-delà les frontières territoriales ou administratives, par-delà les océans.
C'est pourquoi je suis particulièrement heureux d'être ici avec vous aujourd'hui, trois semaines après avoir lancé à New-York la branche américaine de ma Fondation. Par –delà les liens personnels très forts qui m'attachent à votre pays, je sais que l'action des Etats-Unis à tous les niveau - Etat fédéral, Etats, institutions ou citoyens - est essentielle à notre combat commun.
C'est pourquoi l'événement d'aujourd'hui, avec toutes les potentialités qu'il recèle, est pour moi chargé de signification et d'espoir.
C'est pourquoi j'en suivrai les réalisations avec la plus grande attention.
Et c'est pourquoi, surtout, je tenais à vous remercier très chaleureusement et très sincèrement de tout ce que vous avez fait et de tout ce que nous allons désormais faire ensemble.
Je vous remercie.
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